Qui élève l’enfant? Quand? Quel chemin avec le Père, le Maître, la Classe, Internet,…JogTheWeb?
Nous vous proposons une réflexion sur la dynamique d’apprentissage en fonction des milieux de développement….
Qu’est ce qui se passe quand l’enfant apprend auprès de son Père, d’un Maître, dans la classe ou dans l’interactivité sur le Web?
Qu’est ce qui se passe quand le lieu des apprentissages glisse de la sphère privée à la sphère publique, puis de la sphère publique immédiate à une sphère publique distante accessible par la médiation technologique?
L’observation en classe montre que l’élargissement du milieu de développement amène l’apprenant à se penser à un niveau plus large. On observe d’ailleurs cela dès les premiers stades du développement de l’enfant quand du sein de sa mère il vient au monde et que peu à peu il se pense distinct d’elle même…
Du sein de la mère à l’utilisation des réseaux sociaux, nous mettons en évidence que l’utilisation d’internet fait évoluer la relation au savoir, la posture de l’apprenant par rapport au groupe d’apprentissage et a un effet positif sur les apprentissages.
Récit d’une subsumation de l’être et du savoir
(Nota: Subsumer, passer d’une compréhension du particulier au général)
L’enfant vient au monde. Ce monde se manifeste autour de lui par la mère d’abord à laquelle il a d’abord le sentiment de ne pas être différencié. Et puis le père survient et représente l’autre. Pour lui, il va apprendre à parler. Peu à peu, différentes expériences vont lui permettre de prendre connaissance de son environnement. Il apprend, chemin faisant, jour après jour. C’est l’action qui fait émerger la connaissance. C’est ce que Francisco Varela apppelle l’Enaction et qui contribue à l’autopoïèse. Cette caractéristique de la construction par l’action dans laquelle le sens émerge est très importante. C’est même, selon F. Varela, ce qui caractérise le vivant.
Là Winnicot parle de structuration symbolique, du moi, du monde, ça va ensemble : Je me pense et commence à penser mon environnement. La mère a un rôle important à jouer dans ce moment là, ni trop fusionnelle et perfectionniste, laissant l’enfant rencontrer le manque et le résoudre, sans le livrer à la solitude. Difficile exercice que de trouver la bonne distance, la posture de la mère suffisamment bonne.
Remarquez que tous les penseurs ont chacun leur vocabulaire “conceptuel” pour parler de l’homme et de son développement et que si on prend un peu de hauteur, on voit bien qu’ils pensent tous la même chose mais avec une culture et une inventivité différemment orientées.
…..
Quand l’enfant grandit, son environnement s’enrichit et les relations qu’il y tisse participent à sa construction de différentes manières.
Avec chacun des acteurs du monde, l’enfant interagit. De ces échanges il retire une expérience. Les parents, les tuteurs, le groupe immédiat (famille et amis), les passants jouent avec lui au jeu du don et du contre-don. Tout cela alimente le réservoir d’énergie psychologique de chacun et c’est cool.
Chaque sphère dit aussi à l’enfant quelles sont les règles pour “bien” faire dans ce milieu là.
Cela crée une tension entre le désir d’appartenance et la contrainte.
Cette tension, c’est l’attirance et la répulsion ensemble, c’est l’amour et la haine , Eros et Thanatos, c’est” j’ai envie, mais c’est contraignant”, c’est “suis je libre ou sous la contrainte des autres?” c’est plein de questions… et pas de réponse univoque. La tension engendre la peur.
1- Le père
Dans le cercle familial, cette peur s’accorde avec l’amour inconditionnel, le lien affectif, la relation père fils, mère filla…… . Du coup c’est super complexe et engendre des pathologies familiales inextricables. On connaît tous Blanche neige, Œdipe, le petit poucet, Peter pan… îcones de relations familliales complexes, ces mythes nous disent que le développement au sein du cercle famillial n’est pas simple.
Freud a sorti les vipères du panier et depuis Lacan, Mélanie Klein, Donald Winnicott et d’autres se sont penchés sur l’intrication entre ces tensions et le développement cognitif de la personne.
Jusqu’au moment où Fernand Oury, Aïda Vasquez, Françoise Dolto, Maud Magnoni observent le rôle de l’inconscient à l’école et dénoncent l’école caserne qui régule l’action en enfouissant cet inconscient au point de nier le sujet.
Avec la pédagogie institutionnelle, on cherche à remettre la personne au cœur de la mission de l’école et son développement : il ne s’agit plus d’apprendre à lire écrire compter mais à se connaitre soi, le monde, les autres…
Avec l”école institutionnelle l’enjeu est de subsumer :
- l’apprenant qui gagne le rang de sujet ayant droit à une parole partagée par tous.
- le maître qui n’est plus seulement le bras agissant de la règle et le réservoir du savoir mais peut déployer son génie pédagogique
- les savoirs qui sont mis en perspective de sens au lieu d’être simplement énoncé et enfilés comme des perles.
2- Le maître
Le maitre gère sa classe comme il le veut. Il peut soit s’afficher détenteur du savoir, ,mettre sa blouse noire, jouer d’un arsenal de mesures punitives pour faire avancer ses ouailles. Qu’est ce qu’être un maître suffisamment bon? Ce n’est pas avoir réponse à toutes les questions, maitriser tous les instants. A nouveau, et comme entre la mère et l’enfant, la question de la juste distance retrouve sa pertinence.
Au contraire,
le maître peut décider de renoncer à une relation hiérarchique verticale toute puissante, qu’il n’est pas le prolongateur du bras autoritaire du père, et de mettre en œuvre d’autres interactions dans la classe.
Cela a une forte répercussion sur l’ambiance de la classe.
On passe du triangle de la relation pédagogique simple (dessiné par Jean Houssaye) à une relation complexifiée qui tente de prendre en compte à quel point les interactions avec le milieu diversifié est au cœur des apprentissages .
3- La classe
Le maitre va inventer un nouvel art, celui de mettre en œuvre dans la classe ce que Fernand Oury appelle “la Koinonia”. Un terme qu’il reprend de Socrate et qui signifie ” donner le meilleur de soi afin que chacun des autres donne le meilleur de lui même”….
Comment est ce que cela transforme les choses ?
Exemple:
« Le maitre doit punir »
Ok. Reprenons le rôle de la punition : manifester qu’il y a eu infraction à la règle, apprendre à faire respecter la règle par une mémoire corporelle (copier 50 fois, ne plus avoir accès à un espace, être exclu d’une activité, raclée, c’est toujours la même mémoire qui est mise en exercice même si la punition corporelle engage fort la question du corps sanctuaire, de la limite de l’espace privé, toutes ces punitions font entendre au puni qu’il y a quelque chose de supérieur à lui qui a édicté une règle et qui garde le contrôle et a légitimité à sanctionner et lui faire faire une action contre sa volonté.
Lorsque le maître met en oeuvre la Koinonia dans le groupe. L’infraction est relevée à chaud dans un cahier des doléances et traitée à froid par le conseil. La parole de tous, accusateur, défenseur, médiateurs peut s’exprimer.
Il ne s’agit pas de l”exclusion d’un par le groupe de toute vie sociale qui le pousse au désespoir. Au contraire, les maîtres qui expérimentent le conseil témoignent que les punitions, qui ne sont pas données dans le feu de l’action, sont mesurées. Les enfants savent se mettre à la place de leur camarade et ne pas désirer que la vindicte du groupe les punisse eux même trop fort si il leur arrivait de commettre eux aussi une faute.
Dans cet exercice, non seulement on évite de transmettre de la pulsion de maîtrise mais de plus émerge “l’Esprit des Lois” sans Montesquieu, par l’action, L’Enaction…
4- Internet
Le maître n’est plus le seul détenteur du savoir. L’apprenant apprend par les interactions qu’il mène avec son environnement.
Le génie pédagogique du maître consiste à organiser des dispositifs pédagogiques qui alternent médiations méthodologiques, groupales ou matérielles.
On observe en classe que les médiations matérielles qui mettent en scène l’utilisation de ressources Internet interactives aboutissent à une augmentation de médiations groupales. Nous observons que les élèves coopèrent pour arriver à réaliser les objectifs. Ils ne font pas que s’entraider (je pose une question à mon voisin si je ne trouve pas seul, mais lui et moi on avance chacun à son rythme). Ils coopèrent (on se pose des questions et on avance ensemble): On observe que les élèves voisins sont plus souvent au même niveau dans la progression d’avancement de la tâche, que le groupe est plus homogène, plus unis et que tous les élèves développent une science plus profonde quand ils trouvent les mots pour la dire à leurs camarade.
C’est l’émergence d’un moi groupal de deuxième type, où on collabore dans l’objectif de la croissance du groupe. (et non pas pour notre seul développement)
Par ailleurs alors que le mouvement qui déplace le savoir du sein du maître vers la toile du WEb, nouveau Miroir du monde est accompagné d’un mouvement qui déplace le groupe du moi groupal de premier type vers un moi groupal de deuxième type, on observe que les enseignants coopèrent sur les réseaux sociaux, les blogs, construisent des dispositifs pédagogiques en utilisant des ressources mises à disposition par leurs confrères, mutualisent eux même en publiant leurs productions.Nous observons que les élèves ne restent plus sans ressource. L’angoisse cognitive est distanciée autant que se multiplient les ressources disponibles pour dépasser les manques: le prof n’est plus attaché au tableau mais disponible pour les questions particulières, les voisins aiment à expliquer et conscientiser leurs propres découvertes.
Les acteurs de la relation pédagogique ne sont plus seulement dans le groupe immédiat et n’agissent pas seulement pour la croissance de ce groupe là mais aussi pour la croissance d’un groupe distant, immatériel et virtuellement congruent à une communauté de pratique voire l’humanité toute entière.
C’est une nouvelle élévation de la cible motrice de la pulsion de développement . Nous appelons cela pulsion du moi groupal de 3eme type.
Construire des dispositifs pédagogiques en rassemblant des éléments du bien commun que constitue le web, le mettre à disposition pour la communauté et permettre au élèves de coopérer pour développer leurs compétences, leur autonomie, c’est faire passer la classe vers ce moi Groupal de type 3.
5- JogTheWeb
C’est dans cet esprit que nous avons construit JogTheWeb. Permettre la construction de dispositifs pédagogiques à l’aide de toutes les richesses du Web.
Nous observons que les enseignants pilotes qui utilisent JogTheWeb sous notre regard de chercheur deviennent chercheurs eux-même:
Partir en chasse sur le Web de ressources intéressantes et étonnantes, revenir avec de véritables trouvailles, construire un dispositif innovant, partager et mutualiser avec leurs collègues... Certains utilisateurs anonymes ont une observation réfléchie de leur pratique avec le Web et en témoignent sur des blogs personnels. Nous reconnaissons là une dynamique de Moi groupal de type 3: participer à un groupe distant, réseau ou communauté, pour le développement de celui-ci et le bien de tous.
Le maître qui utilise JogTheWeb pour construire des chemins pédagogiques qui structurent les activités et guident les élèves fait évoluer sa relation au monde. La nature des objets qu’il propose à ses élèves pour des médiations matérielles et l’organisation de la classe qui découle de l’utilisation de ces objets, fait aussi évoluer la relation pédagogique, les savoirs et la relation au monde des élèves
Nous ne pensions pas que cela aurait de tels effets sur la relation pédagogiques. Mais c’est un fait que nous observons depuis deux ans et que nous désirons continuer à observer.
Enseignant, n’hésitez pas à laisser vos témoignages ou vos questions quant aux évolutions de la relation pédagogique dans vos classes ou de l’utilisation de JogTheWeb en classe.
Des collègues font une sortie en vélo dans la montagne avec des élèves de 6-5ème .
Ils ont plein de pépins techniques.
Ils sont obligés de passer par la route (devant chez moi) toute petite route qui monte à un col (1300m) pour redescendre (je vais chercher le bus qui les attend)
L’un des gamins qui a désobéi plusieurs fois aux adultes (un parent aide à l’encadrement) fait le fou sur la route (peu de visibilité dans les virages, très étroite) le parent l’avertit, le ton monte (l’enfant ne reconnait pas l’autorité du parent) il continue ses écarts, un collègue intervient, l’enfant l’insulte et lui dit qu’il n’est pas SON prof.
…
tes conseils ? (tu as, comme mon collègue, peu de secondes pour réfléchir, l’enfant se met en danger, ainsi que le groupe par son exemple)
Merci d’avance
Bon.
Il y a la circonstance qui est la crise, car l’enfant se met en danger. Il y a aussi ce qui se passe dans le groupe et ce que l’enfant fait.
Je propose qu’on traite les trois séparément et qu’on voit si il y a une réponse qui puisse concilier les trois points de vue….
1) La situation est d’abord une situation de crise et il faut répondre “vite”. Mais disons que pendant quelques temps le maitre réagit comme il a vu faire, par mimétisme, comme, ses parents et ses maîtres ont réagit mais qu’à force de relecture et d’observation réfléchie de la pratique, on s’éduque soi même à des comportements qui ne sont pas réactions réactionnaires. Alors en situation de crise on fait (d’abord) ce qu’on sait faire. Le maître peut penser qu’il est seul maître à bord (la preuve puisqu’il est seul responsable) et donc qu’il est la seule ressource. Que faire? Ce qu’il a dans sa manche, selon sa “culture”, son histoire, Crier, appeler la police et renvoyer l’enfant chez lui manumilitari, le tenir par la main jusqu’à la fin du séjour, l’attacher à son poignet, lui promettre une punition déconcertante et proportionnelle au risque tel qu’il l’évalue (de 10 à 1000 lignes?)
Mais si le maître a construit la relation pédagogique centrée autour du groupe et des interactions plutôt qu’autour de lui alors il ne peut pas penser que la solution passe par lui. Il peut avertir le groupe ce que son œil responsable voit et lancer une procédure de gestion de crise : On regarde ensemble, on évalue, on décide, On c’est qui? “On” c’est le conseil, c’est le groupe et son intelligence, son savoir faire.
Et donc “On” peut aussi faire asseoir tout le monde et “l’œil” de dire : “là il y a un problème qui demande qu’on trouve une solution tout de suite parce qu’il y a danger pour un de nous et du coup pour le projet parce que si il y a un blessé, tout le projet s’arrête. Alors que faire? ”
Il sera intéressant de voir ce que proposera le groupe, et même comment les propositions évolueront dans le temps. C’est au cours d’expériences comme cela que les enfants forgent leur “art de vivre ensemble”. (Vraiment observé dans l’école de la Neuville)
2) Qu’est ce qui se passe dans le groupe? Tout le monde mène l’activité selon les règles explicites ou implicites communes et puis il y a un enfant qui transgresse.
Du point de vue du groupe:Celui ci peut s’apercevoir très vite que cela met le projet en danger et signaler lui même à l’enfant que son comportement est toxique pour le groupe et que cela sera discuté en conseil le vendredi suivant. Comme cette perspective risque de changer et altérer la qualité de relation de l’enfant au groupe, il se peut que la simple promesse d’être inscrit à l’ordre du jour du prochain conseil fasse réfléchir le trublion.
Du point de vue de l’enfant cette transgression peut être considéré comme un symptôme. Quel rapport à la loi a-t-il construit? Quelle expression du moi recherche-t-il ? Quels exemples d’existence par la transgression a-t-il dans sa famille? Quel besoin de différenciation a-t-il ? Pourquoi a-t-il faim de se distinguer quitte à aller au conflit?
Quel est son manque? Ce n’est qu’en le regardant vivre et évoluer das le groupe que cela pourra se révéler. Cependant si le maître valide ce mode de distinction en lui offrant un traitement particulier, une relation singulière, alors cela ne peut que le conforter qu’il y a moyen de “gagner” quelque chose dans ces crises. il me semble que le maître doit d’abord éviter de prolonger les pathologies familiales dans la classe et donc éviter les situations de transfert où il sera le gardien de la loi, comme le père l’est à la maison .
3) Ce que l’enfant fait. C’est finalement le moins intéressant. Mais cependant cette transgression s’affiche dans le mode qui lui appartient. Vous vous inquiétez de l’enfant qui est turbulent et violent car il se met en danger et persécute le groupe, mais ne faut-il pas s’inquiéter de celui qui oublie systématiquement ses affaires, de celui qui ne pose aucune question même quand il n’a pas compris alors que la règle est de toujours demander des éclaircissements en cas de besoin, ou de celui qui arrive en retard de façon chronique. Les enfants qui jouent dans le groupe soit le rôle de persécuteur, soit de victime, soit de sauveteur ne sont pas dans une relation vraie mais cherche un bénéfice dans une relation où les affects sont la récompense … c’est autant de place qui n’est pas prise par le plaisir de cela construction de soi et du groupe.
Tout cela s’est passé en quelques secondes dans la tête de l’enseignant qui a tout de suite détecté que le turbulent cherchais à jouer un rôle particulier et qu’il fallait d’abord interrompre la dérive vers “le triangle dramatique”. Il a choisi de ne pas régler le problème lui même mais de confier cela au groupe. Il a fait signifié que l’activité devait attendre pour se poursuivre que le danger soit écarté et a proposé au groupe de jouer son rôle.
Bien sur cela présuppose qu’en début d’année ce “rôle” du groupe ait été institué. C’est tout l’objet de la pédagogie institutionnelle.
Quel enjeu dans cette dynamique là?
Du point de vue anthropologique, c’est permettre l’émergence d’un Moi Groupal particulièrement propice aux apprentissages (transformation du réel externe en réel interne) et de laisser de côté les pulsions du Moi qui enferment dans des oscillations amour-haine très génératrices d’angoisses.
Du point de vue sociologique, c’est dire que l’activité de la classe se situe dans la sphère publique et pas dans la sphère privée. C’est dire aussi que la sphère publique ne se régule pas par la parole d’un seul mais par la voix du groupe.
Du point de vue personnel de l’enseignant, c’est arriver à ne pas se sentir personnellement visé par l’insulte, garder toujours un regard bienveillant sur l’enfant troublant-troublé et trouver la bonne distance.
“Celle qui permet de voir l’autre se détacher en entier dans le ciel. ” (Rilke)
Merci de ta réponse.
Peux-tu aller un peu plus loin dans l’immersion (engagement)
qu’aurais-tu fait ?
Précisions
l’enfant (appelons le E) vit dans un milieu proche de la rue
il vient de perdre son père (accident du travail)
il est leader et de nombreux élèves le suivent et le soutiennent.
De nombreux élèves le soutiennent. Tant mieux! Dans cette circonstance c’est précieux.
Pourquoi ne pas le lui dire?
Il me semble que tout est là . Entendre l’explicite, voir l’implicite et faire des associations d’idées et les mettre en mots.
Faire circuler la parole.
“As tu vu comme tes camarades t’aiment et te soutiennent? Vois tu comme ils te suivent?
- Il dit “tu n’es pas mon maître” , entendre “tu n’es pas mon père” et lui répondre à “tout” ça : C’est vrai, je ne suis pas ton maître et je ne suis pas ton père non plus mais aujourd’hui et maintenant je suis responsable de prendre soin de toi. et tu vois, tu peux compter sur moi. Je pense que même si ton maître (penser “ton père”) n’est pas toujours prêt de toi, tu as beaucoup de gens qui t’aiment et qui sont vraiment prêts à prendre soin de toi comme moi aujourd’hui…
- il se met en danger, entendre qu’il a en lui le désir de connaître le frôlement de la mort comme son père l’a connu avant de le quitter pour toujours. L’entendre et le lui dire. ” tu te mets en danger, qu’est ce que tu cherches?”. Prendre le groupe à témoin, peut être l’avez vous fait… ” qu’en pensez vous de E qui se met en danger? Et si il lui arrivait quelque chose de grave? Qu’est ce que cela serait pour lui? pour le groupe pour l’activité? Et si l’activité s’arrêtait, est ce que ce serait triste? Est ce que ce serait le plus triste?
Est-ce qu’il écouterait? S’il souffre beaucoup , ce n’est pas sur. Mais le mouvement de cohésion du groupe pour lui dire l’importance qu’il a , joue son rôle même si cela ne se voit pas de façon immédiate…
Si la pédagogie institutionnelle est en place, il peut de par son comportement qui cherche à signifier quelque chose au lieu d’un comportement qui cherche à progresser dans l’autonomie, rétrograder de ceinture.
Cette rétrogradation, peut se faire accompagnée du discours… puisque en ce moment tu as besoin d’être plus petit pour qu’on s’occupe de toi et que tu puisses grandir suffisamment pour cette nouvelle vie sans papa qui s’annonce, alors voilà, tu étais orange tu deviens jaune…Mais c’est que pour un temps. On t’attends…;
En résumé, écouter l’explicite, voir l’implicite et entendre ce qui est en jeu… Une écoute active qui peut se tenir aussi dans le conseil.
Bon courage. A vous, A lui
Oui cette distance qui peut être régulée par l’apprenant est essentielle d’autant plus si son vécu le rend d’une part craintif et méfiant face à une situation hiérarchique trop forte et de l’autre craintif aussi de se sentir livré à lui même dans l’apprentissage.
Par l’usage de tutoriels, il peut enfin se dire “je vais essayer” tout en se disant “de toute façon je ne suis pas tout seul, le groupe est là pour moi au même titre que je suis là pour lui.”
Devenant utile lui même dans le groupe, il s’y intègre et se prend au jeu de la participation.
Cet article va être un support pour moi. Il va me permettre d’expliquer clairement quelles sont mes intentions en utilisant des tutoriels lors de mes activités d’animation multimédia et pourquoi j’y crois avec autant d’assurance. Super article JogTheWeb!
Merci de ce retour
j’ai une digestion lente
…
(“solve et coagula”)
à suivre